L’humour au travail : perte de temps ou stratégie efficace?

Tout le monde s’entend là-dessus : les blagues, lorsque l’occasion s’y prête, ça détend l’atmosphère, ça brise la glace, ça rapproche les gens. Jusque là, ça va. Pas vraiment de controverse. Plusieurs souligneront cependant qu’il y a un temps pour la rigolade et un temps pour le travail « sérieux ».

D’emblée, on associe l’humour au relâchement! Plutôt approprié comme rapprochement, mais le relâchement est considéré, à tort, comme étant anti-productif.

Je pose donc la question : peut-on envisager l’humour comme un outil de gestion? Là, les avis se partagent. Il y a bien sûr l’aspect motivationnel de la chose : une ambiance de travail enjouée amène souvent un environnement de travail plus agréable. Par ailleurs, la plupart des employés accordent plus de confiance et d’attention à un dirigeant faisant preuve d’humour dans sa façon de communiquer.

J’aimerais attirer votre attention sur une nouvelle perspective : la place de l’humour dans le processus créatif. Le sujet est extrêmement bien expliqué par Janet Holmes, directrice du projet The Language in the Workplace de l’Université Victoria à Wellington. Selon elle, même si les écarts dans la discussion causés par les plaisanteries des participants ne mènent pas toujours à des idées « constructives », le groupe est énergisé par la dynamique et plus apte à démontrer une meilleure créativité.

Il s’agit pour moi d’un raisonnement très éclairé. Comment peut-on demander à qui que ce soit de penser out of the box dans un cadre de travail rigide? Il me semble futile de proposer toutes sortes de méthodes pseudo-créatives de résolution de problèmes si l’environnement même n’est pas propice au relâchement des conventions. Par ailleurs, il revient au leader de savoir quand laisser aller son équipe, puis de la « ramener » après l’avoir laissée prendre différentes directions. Il n’est évidemment pas toujours être facile de déterminer le point où toutes les avenues potentielles ont été explorées et où l’énergie du groupe est assez élevée pour continuer le travail. Je vois ce genre de réunion comme une sorte de « losange » : l’équipe commence à discuter d’un point et s’écarte peu à peu du sujet, jusqu’au moment où le dirigeant les ramène peu à peu vers la discussion du départ, conservant intacte leur énergie créative.

En gestion, vous le savez, il n’y a pas de formule magique. À vous de juger ce qui convient à la situation et à votre équipe, tout en gardant en tête l’option possible d’une séance de fous rires… productifs!

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